L'invité(e)

« Rompre la solitude
des personnes SDF »

Caroline de Chaisemartin, responsable des partenariats associatifs chez Entourage, a participé à la première Nuit de la solidarité initiée par la Ville de Paris et s’apprête à renouveler l’expérience. Cette Parisienne a choisi de se consacrer aux causes qui lui tiennent à cœur, comme celle des sans-abri.

Pourquoi vous êtes-vous engagée dans le monde associatif ?

J’ai très tôt été sensibilisée aux causes et j’avais envie de me sentir utile. Je me suis d’abord engagée dans le scoutisme et, pendant mes études en école de commerce, je suis partie six mois aux Philippines avec une association qui aide les entreprises sociales à se développer dans des zones pauvres pour donner accès aux soins. Mon engagement bénévole a vite pris le pas sur ma vie professionnelle, au point que j’ai choisi de travailler à temps partiel pendant près de deux ans pour me consacrer à ma fonction de responsable pédagogique de la branche guide des Scouts Unitaires de France. À la fin de mon engagement, j’ai voulu employer mon temps et mon énergie dans un métier mêlant aventure et entrepreunariat. J’ai alors rejoint l’association Entourage il y a un an.

Quelle est la mission d’Entourage ?

Née en 2014, l’association a pour objectif de rompre la solitude des personnes SDF grâce, entre autres, à une application mobile pour les connecter avec les riverains et les associations. Les plateformes collaboratives offrent un moyen d’action incroyable en permettant de mettre en lien des personnes, de les accompagner et de les faire agir ensemble. Entourage est un réseau social bienveillant fondé pour créer une communauté autour d’une personne fragile, à travers des rencontres entre voisins et sans-abri. L’association a les codes d’une start-up avec une dimension profondément humaine et un objectif solidaire qui répond à mes réflexions sur les nouvelles formes de mobilisation pour une co-production entre les citoyens et l’État.

Pourquoi avez-vous participé à la Nuit de la solidarité ?

J’ai fait cette démarche à titre personnel car elle correspond à mon engagement et elle me donnait l’occasion d’aller à la rencontre des personnes sans abri pour ce grand décompte. J’ai participé à différentes réunions pour construire le questionnaire destiné à connaître le profil des personnes rencontrées au cours de la nuit. Avant le jour J, comme les 1 700 bénévoles, j’ai reçu une petite formation sur les règles d’éthique ainsi que des conseils pratiques.

Comment ça s’est passé ?

Je me suis retrouvée cheffe d’équipe et avec deux autres femmes bénévoles nous avons été envoyées au Champ-de-Mars dans le 7e. Nous avons arpenté toutes les allées sans rencontrer de personnes puis, au pied de la tour Eiffel, nous nous sommes retrouvées avec les vendeurs à la sauvette qui sont des SDF. En les interrogeant, nous avons découvert des situations compliquées. Ces rencontres dans un contexte sortant de l’ordinaire ont changé mon regard sur eux. Nous avons aussi rencontré un mineur qui souhaitait être hébergé pour la nuit et nous avons appelé l’équipe centrale pour envoyer une maraude.

Elle vous a apporté quoi ?

Aller à la rencontre des SDF la nuit avec deux autres femmes est une expérience forte. Depuis, en cohérence avec mon engagement chez Entourage, je retrouve une liberté de parole dans la rue et je prends le temps de m’arrêter pour discuter. La restitution a été un autre moment fort en réunissant tous les acteurs qui agissent autour d’une même cause et en donnant une photographie à un instant T des personnes qui dorment dehors.

Les suites ?

La première Nuit de la solidarité a confirmé qu’il y a des Parisiens qui souhaitent s’impliquer, mais il faut les accompagner pour qu’ils puissent s’engager davantage. Suite à l’annonce de mesures par la maire de Paris, Entourage a été associée à la création prochaine d’un lieu pour les Parisiens désirant s’engager. Quant à moi, je suis à nouveau volontaire pour la 2e Nuit de la solidarité en février 2019.

www.entourage.social

zoom

MES ADRESSES

Notre-Dame (4e). C’est un lieu de contemplation. J’y vais dès que je me trouve à proximité. J’aime la façade de la cathédrale, la vie autour, la voir sous tous les angles, surtout depuis un pont.
Le Quartier latin (5e et 6e). J’y ai fait une partie de mes études quand j’étais en prépa à Henri-IV. Il fait ressurgir des discussions enflammées que j’avais avec d’autres étudiants au cours desquelles nous aiguisions notre esprit critique.
La rue d’Alleray (15e). Parce que c’est la rue dans laquelle j’habite. Je prends plaisir à faire le trajet du métro jusqu’à chez moi, où j’espère croiser des voisins.