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Haro sur les rats

Coordination

Dès que des rats pointent leurs museaux dans un jardin ou sur la voie publique, un signalement est adressé au Département Faune et Actions de Salubrité (DFAS) de la direction de l’Action sociale, de l’Enfance et de la Santé. C’est le top départ pour les enquêteurs qui se rendent sur le terrain afin d’identifier l’infestation et ce qui la favorise (présence de déchets, sacs poubelle attaqués, communication avec les égouts, nourrissage d’animaux…). Le compte-rendu de l’enquête et des actions coordonnées à mener est transmis aux directions partenaires (Espaces verts et Environnement, Propreté et Eau, Prévention, Sécurité et Protection). Au programme : renforcer le nettoyage, supprimer les corbeilles munies de sacs plastique, lutter contre les incivilités, poser des pièges…

« Je suis arrivée fin 2016 pour définir et mettre en place un plan de dératisation. Notre stratégie applique les principes de la lutte intégrée : il s’agit de modifier l’environnement du rat, en vue de diminuer l’infestation et de la contrôler », explique Sylvie Petit, adjointe à la cheffe du DFAS. Dans les jardins, des conteneurs et abri-bacs ont remplacé les corbeilles avec sacs plastique et des composteurs « anti-rats » sont déployés. Sur la voie publique, des modèles de corbeilles de rue hermétiques sont actuellement testés et des nouveaux pièges mécaniques sont déployés. « Dès qu’un signalement arrive, les actions se mettent en place rapidement car les équipes sont rôdées. Quand la problématique perdure, c’est qu’un facteur n’est pas réglé. Une surveillance efficace nous permet d’être informés de toute variation d’infestation et de réagir en conséquence. Nous menons en parallèle une veille technique afin de tester des méthodes innovantes et respectueuses de l’environnement », précise Sylvie Petit.

Cinq directions mobilisées

Le plan de dératisation, qui s’élève à 1,5 million d’euros, mobilise cinq directions : DASES, DPE, DEVE, DPSP et DICOM. Elles ont mis au point une méthode d’intervention après avoir établi ensemble un formulaire avec plusieurs champs et descriptions pour assurer un suivi. Un comité de pilotage se réunit tous les 15 jours au Secrétariat général avec les directions intervenantes pour faire le point. Les sites les plus concernés étant les espaces verts, les constats des points à traiter émanent en grande majorité de la DEVE, quelques-uns de la DPE. Différents types de pièges sont installés par la DASES en plus des actions destinées à limiter la circulation des rats et l’accès à la nourriture. Les équipes de la DPSP verbalisent les nourrisseurs compulsifs ainsi que les personnes qui abandonnent des déchets en dehors des conteneurs. Quant à la DICOM, elle multiplie les opérations de communication pour inciter les personnes à adopter des comportements adaptés.

Stéphane Le BronecChef de la division de la propreté du 11e, direction de la Propreté et de l’Eau

« Réduire les déchets »

« Le but est de réduire les déchets pour intervenir sur l’alimentation du rat : déchets au sol, en pied d’arbre, corbeilles de rue débordantes. Nous renforçons nos actions sur les sites infestés qui se trouvent majoritairement aux abords des squares et sur les lieux festifs générant une grande quantité de déchets attirant les rats. L’objectif est d’adapter les moyens à la problématique des sites : renforcer les collectes, augmenter le passage des équipes de balayeurs, notamment l’été pendant les fortes chaleurs et sur les lieux très fréquentés. Nous regardons pourquoi il y a des déchets au sol pour trouver une solution, pourquoi les bacs des immeubles débordent. Les bailleurs sociaux ont d’ailleurs été sensibilisés. Nous pouvons aussi demander à l’assainissement de faire un diagnostic sur un secteur pour savoir s’il existe une nichée de rats. La coordination des services est importante pour la fluidité des informations et la réactivité.

Côté matériels, nous avons adapté des conteneurs à ordures pour les rendre inaccessibles aux rats (81 abri-bacs sont déjà en place dans les jardins), déplacé des corbeilles de rue débordantes trop accessibles ou aux abords des squares dans lesquels prolifèrent les rats. Nous testons aussi de nouveaux modèles de corbeilles moins accessibles aux rats. Sur le parvis de Notre-Dame, une vingtaine de ces corbeilles, identiques à celles installées avenue de France, sont en test. 42 corbeilles compactantes, étanches aux rats, sont également testées depuis cet été gare du Nord, boulevard Hausmann et place de la République. Elles pourront être une solution sur certains sites. Par ailleurs, nous déployons des composteurs non accessibles aux rats sur une centaine de sites de jardins partagés non encore équipés, qui sont financés grâce au budget participatif. Nous ne nous interdisons aucune solution et nous regardons ce qui se fait ailleurs. »

En savoir +

Au Champ-de-Mars, la situation est quasiment réglée grâce à des actions adaptées au site et menées de façon régulière. Tous les sacs ont été retirés et remplacés par des bacs, les pelouses ont été protégées avec des barrières fermées, tandis qu’un renfort est intervenu pour lutter contre les incivilités.