Regards croisés

Sur les bancs de l’école

Trois nouvelles écoles métiers pour les agents ont ouvert leurs portes dans les directions. Elles proposent des parcours de formation spécifiques avec des formats adaptés aux problématiques. D’autres écoles devraient leur emboîter le pas.

Pourquoi avoir créé une école ?

Jean-Philippe Hareng : L’école des métiers de la DJS, expérience novatrice en matière de formation, est née de la volonté de la direction de porter une attention soutenue à des catégories professionnelles ciblées, de les suivre sur une période donnée en y consacrant des moyens supplémentaires, le tout avec nos propres praticiens choisis par nos soins. Nous avions le souhait de mettre l’accent sur des questions clés comme la laïcité, la sécurité, l’harmonisation des pratiques ou encore les obligations qui incombent aux agents. L’école ne se substitue pas au plan de formation annuel mais apporte une labellisation sur certains parcours spécifiques. Elle s’adresse dans un premier temps aux adjoints techniques des installations sportives pour améliorer leurs compétences et leur montrer les bons gestes à appliquer dans les établissements. 90 nouveaux agents sont recrutés chaque année auxquels il faut apporter un socle commun. Le premier groupe d’une trentaine d’agents a démarré le 22 mai.

Jean-Philippe Hareng, direction de la Jeunesse et des Sports (DJS) (©Sophie Robichon)
Jean-Philippe Hareng, direction de la Jeunesse et des Sports (DJS) (©Sophie Robichon)

Pascal Breton : L’objectif de l’école des RH est de mieux accompagner l’ensemble des agents de la filière RH dans l’exercice de leurs fonctions. Le projet pédagogique de l’école vise à travailler à la fois sur les savoirs (connaissance de la réglementation), sur les savoir-faire (maîtrise des outils) et sur les savoir-être (posture, relation aux agents). Nous avons commencé par la formation initiale des gestionnaires qui avait besoin d’être toilettée. Le programme a été conçu après un diagnostic partagé avec des UGD de directions, des SRH et des formateurs internes de façon à s’adapter à l’évolution du public en reconversion professionnelle dont une partie découvre le domaine RH et qu’il est nécessaire d’accompagner et de rassurer.

Ghania Fahloun : L’école des métiers de la DASCO vise à renforcer la professionnalisation des personnels qui encadrent les groupes d’enfants, et dont les équipes ont été renforcées au moment de la mise en place de la réforme des rythmes éducatifs. Son objectif est de développer les compétences des agents et de favoriser une culture professionnelle commune pour accueillir les enfants dans un cadre agréable et bienveillant. Les agents sont répartis en trois grandes familles de métiers autour de l’action éducative, de l’entretien et du fonctionnement des établissements. L’école, inaugurée en janvier, est conçue dans un esprit d’ouverture et répond aux besoins de formation exprimés par les agents qui ont été consultés au préalable et le seront régulièrement pour la développer de manière participative.

Que propose-t-elle ?

Jean-Philippe Hareng : Le module de formation initiale d’une dizaine de jours qui existait portait uniquement sur des cours en salle. Maintenant, la formation est étendue à trois mois avec de la pratique sur le terrain. Le parcours comprend une partie théorique en salle autour des thématiques liées au nettoyage, à l’accueil, au montage des agrès, à la filtration, mais aussi des notions sur les valeurs de la Ville. L’autre partie importante concerne la pratique sur les sites pour mettre les agents en conditions réelles. Les formateurs qui vont les encadrer ont été choisis pour leurs compétences et leur motivation vis-à-vis du projet. Nous avons mis en place un suivi de formation à partir de QCM et d’épreuves pratiques permettant d’évaluer le niveau de l’agent. Si les résultats ne sont pas bons, il devra suivre à nouveau un module, voire l’intégralité de la formation. Ce n’est pas une certification mais l’agent pourra faire valoir ce parcours dans la suite de sa carrière.

Pascal Breton : La première formation initiale a démarré en mai 2017 avec une promotion de douze agents qui a intégré le programme « Nouveaux gestionnaires RH ». Ce programme comporte 10 modules en alternance à raison d’un jour par semaine. Il traite les fondamentaux de la RH, qu’il s’agisse des connaissances réglementaires ou de l’initiation aux outils informatiques, avec une pédagogie fondée sur des allers et retours entre théorie et pratique. La formation leur permet de mettre en application sur le terrain les connaissances acquises. Nous avons mis en place des tuteurs dans les directions désignés parmi des UGD expérimentés qui les accompagnent pendant six mois. Cette formation permet d’obtenir l’habilitation pour saisir dans le système Suite 7. Lors d’une cérémonie officielle, chaque participant reçoit un diplôme ainsi que l’ensemble des fiches pédagogiques de l’école sur les principales procédures.

Ghania Fahloun, direction des Affaires  scolaires (DASCO) (©Sophie Robichon)
Ghania Fahloun, direction des Affaires scolaires (DASCO) (©Sophie Robichon)

Ghania Fahloun : Un premier programme de formation initiale concerne tous les lauréats de la DASCO. La première promotion comprend 415 agents. Le parcours de formation est de 10 à 15 jours, avec des modules de formation communs pour comprendre son environnement de travail et le rôle de chacun, et des modules propres aux familles de métiers. Les vacataires bénéficieront également d’une formation, notamment pour exercer le métier d’animateur. L’objectif est de rendre la formation plus adaptée en repensant en profondeur l’offre pour répondre à l’évolution des métiers. Nous allons aussi ouvrir l’école à nos partenaires comme la Caisse d’allocations familiales et l’Éducation nationale et développer les actions communes.

Quels sont ses projets ?

Jean-Philippe Hareng : La plus-value de l’école est de capitaliser l’expérience des professionnels internes qui transmettent leurs compétences. Les pools vont évoluer dans le temps et d’autres sites pourront être intégrés. Dans un deuxième temps, ce modèle opératoire sera dupliqué pour d’autres filières et d’autres grades pour renforcer certaines compétences.

Pascal Breton : Nous travaillons maintenant sur la formation continue obligatoire des gestionnaires RH qui abordera l’actualité RH, ainsi que le partage des bonnes pratiques RH. Nous allons aussi proposer un programme pour les cadres RH. L’objectif final est de créer une filière RH qui dispose des mêmes informations et les partage.

Pascal Breton, direction des Ressources humaines (DRH) (©Sophie Robichon)
Pascal Breton, direction des Ressources humaines (DRH) (©Sophie Robichon)

Ghania Fahloun : Nous nous donnons un à deux ans pour finaliser l’ensemble du projet pédagogique de l’école. Nous allons construire l’offre en fonction d’un cycle : comment accueillir un agent, l’accompagner pour renforcer ses compétences, l’aider à changer de métier à travers des formations. L’école est un lieu d’apprentissage, d’échanges, avec des conférences, des débats, des tables rondes… Elle développera des modes d’apprentissage innovants en se dotant de nouveaux supports de formation numériques. Nous serons accompagnés par un prestataire pour mettre en place une démarche qualité.

 

 

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Apprendre les métiers de la Propreté

Créée en 1991, l’école de la Propreté est devenue le centre de formation de la direction de la Propreté et de l’Eau. Elle propose la formation initiale des éboueurs, la formation initiale des chefs d’équipe
du nettoiement, ainsi que l’ensemble des formations continues des agents de la propreté. Les 250 à 300 formateurs sont issus de tous les corps de la propreté, allant des éboueurs aux ingénieurs.
Les nouveaux éboueurs bénéficient d’une formation initiale de deux semaines.
La partie théorique met notamment un coup de projecteur sur la sécurité au travail et la prévention des risques professionnels. La partie pratique leur permet de se familiariser avec le terrain et d’effectuer les bons gestes.
Sont également abordés leurs obligations en matière de respect des horaires et des consignes indispensables pour travailler en atelier, mais aussi les principes de neutralité et de laïcité.
Des écoles calquées sur celles de Paris ont ouvert en France et à l’étranger, telle que l’École de la Propreté de Tunis en 2015, fruit d’une coopération urbaine entre les deux villes.