L'invité(e)

« Transmettre les valeurs
de la boxe »

Sarah Ourahmoune, vice-championne olympique de boxe anglaise aux Jeux de Rio de 2016, est la boxeuse française la plus titrée. Son association Boxer Inside anime la salle de boxe qui vient d’ouvrir au cœur du complexe sportif Georges Carpentier dans le 13e arrondissement.

Pourquoi avez-vous choisi la boxe ?

C’est arrivé par hasard. En cherchant un club de taekwendo à Aubervilliers, je suis passée devant une salle de boxe et je suis entrée pour me renseigner. L’entraîneur m’a proposé d’essayer un cours de boxe anglaise qui se pratique avec les poings. Alors que j’y allais sans conviction, j’ai adoré car ce sport permet d’adopter une stratégie sur le ring. En 1996, la boxe anglaise était interdite aux filles et j’étais la seule du club à monter sur le ring en entraînement. Ce n’est qu’en 1999 qu’elle a été autorisée en compétition et que j’ai pu combattre et gagner le 1er championnat de France. J’avais 17 ans. J’ai ensuite enchaîné les combats et les titres.

Dans quel but avez-vous créé l’association Boxer Inside ?

Avec mon conjoint Francky Denis qui est aussi un ancien boxeur, nous avons créé l’association en 2011 dans l’idée de partager notre passion et transmettre les valeurs de la boxe. Nous avions une cible particulière : les femmes. Beaucoup d’entre elles voulaient en faire mais ce milieu masculin les arrêtait et elles n’osaient pas entrer dans une salle de boxe. Nous avons créé une salle avec une garderie pour qu’elles aient une solution pour leurs enfants. Petit à petit, les femmes se sont senties en confiance et elles ont fréquenté les cours librement. Puis nous avons créé d’autres cours pour les maris et les amis. Les femmes ont eu le choix de s’inscrire dans des cours mixtes. Nous avons utilisé des créneaux dans des salles en Seine-Saint-Denis (93) jusqu’à l’ouverture de Carpentier.

Comment est né le projet de la salle de boxe à Carpentier ?

Il y a cinq ans, nous avons commencé à chercher un local, mais nous n’en avons pas trouvé dans le 93 et ils étaient trop chers sur Paris. C’est une activité que nous menons à titre bénévole. Entre-temps, j’avais repris les entraînements avec comme objectif Rio en 2016. Puis avec les Jeux, tout s’est accéléré. J’avais parlé du projet avec la Mairie de Paris qui s’est montrée intéressée. Elle nous a proposé Carpentier qui correspondait à notre projet et répondait à un besoin dans ce quartier politique de la ville. Nous avons alors travaillé sur le budget et les travaux à réaliser, en lien avec le cabinet de la maire, les services de la Ville et la mairie du 13e. Nous avions sept ans de recul avec notre association qui est chargée de gérer et d’animer ce nouvel équipement de la Ville. 80 % de nos adhérents nous ont suivis et, au moment de l’ouverture, nous avons pu démarrer avec nos membres pour des cours mixtes, des cours réservés aux femmes et d’autres pour les enfants.

Quelles innovations va proposer cet équipement ?

Avec cette nouvelle salle, nous allons poursuivre les innovations de Boxer Inside en travaillant sur des séances de boxe adaptées aux personnes en situation de handicap. Nous allons les tester avec des amis sportifs avant d’ouvrir un créneau à un public en fauteuil. Nous allons aussi proposer des cours de boxe en anglais. Il y aura 30 minutes d’anglais avant le cours qui se déroulera en anglais et en français, avec un professeur qui notera les mots à retenir. Et nous aurons bientôt les cours pour les femmes avec la garderie. Ce local assez grand réservera un espace « le social club » pour accueillir les enfants, y travailler ou s’y détendre.

Les Jeux de Rio, ça représente quoi ?

Un grand souvenir. Je me suis surpassée pour aller au bout de mes rêves. Mais ils marquent aussi la fin de ma carrière. C’est la dernière fois que je montais sur un ring. Il y avait donc beaucoup d’émotion.

Et Paris 2024 ?

J’ai voulu m’investir en portant la candidature et nous avons ramené les Jeux à Paris. Ils vont permettre de créer des ambitions et de l’espoir chez les jeunes, de développer la formation et favoriser l’accès à l’emploi pour les habitants. Je veux aujourd’hui m’investir dans leur concrétisation. En tant que membre du conseil d’administration du COJO, j’ai envie de partager mon expérience de sportive, d’être porteuse de projets. Tout le volet héritage olympique, qu’il soit matériel ou immatériel, est important et je souhaite participer à sa construction.

Boxer Inside Club
Centre sportif Georges-Carpentier
81, boulevard Masséna (13e).

Mes adresses

Le boulevard Saint-Germain (6e). J’y ai plein de bons souvenirs avec des amis, liés à mes années passées à Sciences-Po pour construire un projet de vie. C’est un quartier où j’aime me balader.
Saint-Michel (5e). Pour toutes ses petites boutiques très agréables lors d’une journée shopping. Ce quartier incarne bien le Paris typique.
La tour Eiffel (7e). Elle reste à chaque fois magique. Je vais y aller avec ma fille de quatre ans et je sais qu’elle aura les yeux qui pétillent. Le Champ-de-Mars est aussi magnifique. Je ne me lasse pas de ce quartier.