Dossier

L’administration s’engage

La Ville se doit d’être exemplaire et poursuit son engagement en faveur du climat à travers de nombreuses mesures. Petit tour d’horizon.

PLEINS FEUX SUR LES NOUVELLES ÉNERGIES

Pour réduire de moitié la consommation d’énergie d’ici à 2050, la Ville poursuivra son investissement dans les centrales solaires urbaines, à l’image de la Zac Pajol (18e). Ainsi, le Parc floral (12e) disposera d’ici à 2020 d’une installation solaire conséquente (de 5 000 à 10 000 m2). Par ailleurs, le recours aux ombrières solaires sur l’espace public, conjuguant les bénéfices de la production d’énergie et de la protection des canicules, sera étudié. La géothermie pourrait faire son apparition d’ici à 2020 dans le centre de production horticole de la Ville de Paris pour couvrir 20 à 25 % de ses besoins en énergie.

Ce site municipal est le plus consommateur d’énergie pour le chauffage des serres où sont produites les plantes et les fleurs. D’importants travaux ont déjà été entrepris pour améliorer son efficacité énergétique et réduire ses consommations de 40 %.

En matière de récupération des calories, plusieurs expérimentations ont été menées pour récupérer la chaleur des eaux d’assainissement ou de data center afin de chauffer l’eau de deux piscines municipales (Aspirant-Dunant et Butte-aux-Cailles) et d’une école (Wattignies). L’année prochaine, une boucle de chaleur branchée sur les eaux usées du tronçon d’égouts sous le boulevard Voltaire sera installée pour chauffer la mairie du 11e et le groupe scolaire Parmentier. Le procédé permettra d’économiser 50 % du chauffage, soit une réduction de 110 t de CO2 chaque année.

Des éclairages innovants

Avec plus de 200 000 points lumineux, la Ville lumière a initié le premier réseau parisien intelligent innovant et économe. Le marché performance énergétique de l’éclairage public permettra d’en réduire de 30 % la consommation d’énergie d’ici à 2020. Les investissements seront poursuivis pour atteindre au moins 50 % d’économie d’énergie en 2030 et se servir des équipements d’éclairage public (mobilier urbain, raccordements électriques) pour développer de nouveaux services (capteurs environnementaux et de trafic, ombrières…).

D’autres modes d’éclairage sont également testés par la direction de la Voirie et des Déplacements, à l’instar de celui de la rue Antoine-Bourdelle (15e), devenue la première rue intelligente de la capitale. Son nouvel éclairage avec des LED et capteurs de mouvement installé depuis février s’intensifie uniquement au passage de piétons, cyclistes ou automobilistes. Il permettra une baisse de la consommation d’énergie allant de 75 % à 87 %. Ce système pourra être étendu à d’autres rues.

Côté achats d’énergie verte, la Ville poursuivra sa démarche en soutenant la production d’énergies renouvelables, notamment la filière gaz renouvelable, via son groupement d’achat.

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Sobriété numérique

Dès cette année, un programme d’apprentissage de régime numérique adapté à chaque agent et à chaque service sera développé. Il faut savoir que les milliers de mails, de pièces jointes et de documents stockés sur les serveurs augmentent la charge énergétique de Paris et saturent les réseaux. Il est donc fondamental d’apprendre à chacun à archiver ses documents et de former les agents aux durées légales d’archivage de certains fichiers.

VERS DES TRANSPORTS PROPRES

Le Plan de Déplacements des Administrations parisiennes (PDAP) décline plus de 20 actions pour rendre la flotte et les pratiques municipales exemplaires. Après la réduction de près de 30 % du nombre de véhicules légers entre 2011 et 2016, l’éradication des motorisations diesel du parc municipal est prévue d’ici à 2020. Le remplacement de 1 200 véhicules légers essence, soit 90 % du parc, par des motorisations propres (GNV, électrique, hydrogène…) sera effectif fin 2020.

La recherche de solutions alternatives à l’essence pour certains véhicules spécifiques (engins de nettoiement des trottoirs…) en lien avec les constructeurs est en cours. Cette transformation de la flotte municipale s’accompagne de plusieurs actions pour faire évoluer les pratiques de mobilité de l’administration, en incitant à l’usage du vélo, de la marche, des transports en commun ou du covoiturage, en formant les agents à l’éco-conduite…

L’adaptation des conditions de travail permet aussi d’éviter les déplacements inutiles. Depuis 2016, des « Burolib’ » sont aménagés pour que les agents puissent y travailler entre deux réunions. Ces salles de travail équipées d’ordinateurs et connectées au réseau interne sont accessibles tout au long de la journée. À l’horizon 2030, chaque bâtiment administratif disposera d’au moins un espace de ce type. Par ailleurs, la Ville soutiendra l’émergence de lieux de travail à distance pour les agents habitant en grande couronne. De son côté, le télétravail expérimenté à partir de 2016 a été élargi courant 2017 à 600 agents, avec l’objectif d’atteindre 1 500 télétravailleurs à la fin 2019. Cette année, 700 agents supplémentaires pourront être équipés pour travailler depuis leur domicile.

EN SAVOIR +

Le dernier kilomètre a le plus d’impact en termes d’émission de gaz à effet de serre pour le transport de marchandises. L’intégration de clauses environnementales favorisant les modes de transports propres pour ce dernier kilomètre sera renforcée dans tous les marchés de livraison d’ici à 2020.

 LA RÉNOVATION DES BÂTIMENTS S’ACCÉLÈRE

La Ville se fixe des objectifs ambitieux de rénovation de ses bâtiments les plus énergivores afin de réduire de 40 % les consommations énergétiques de l’ensemble de son parc en 2030. Au programme : 300 écoles, 40 collèges et 15 piscines. À l’horizon 2050, les objectifs de réduction des consommations énergétiques seront progressivement portés à 60 %. À noter que tous les bâtiments municipaux afficheront dans leur hall d’entrée principal leur étiquette énergétique.

Autre avancée : la supervision énergétique des systèmes de chauffage engagée depuis cette année. La direction Constructions publiques et Architecture (DCPA) a finalisé la première phase cet hiver avec plus de 300 bâtiments équipés. D’ici à 2020, les systèmes de chauffage de 1 500 bâtiments municipaux seront pilotés à distance pour une meilleure maîtrise de la consommation énergétique. Côté financement des travaux de rénovation des bâtiments municipaux, le modèle de « l’intracting » sera développé d’ici à 2020. Il prendra la forme d’un contrat entre la direction des Finances et des Achats, les directions opérationnelles et les mairies d’arrondissement, de manière à orienter les budgets dégagés par les économies d’énergie vers les travaux de performance énergétique.

Concevoir autrement

La conception et la réalisation des bâtiments publics représentent aussi un enjeu. Le béton, la céramique ou le métal étant très énergivores, s’orienter vers des matériaux biosourcés peut être une réponse. Dans cette perspective, la DCPA a monté un groupe de travail pour découvrir l’utilisation de matériaux comme la paille qui est utilisée par certains constructeurs pour ses qualités thermiques avérées. À cette occasion, un mur de paille a été présenté dans le hall de Bédier Est. Une réflexion est donc engagée pour faire évoluer les pratiques vers une construction écologique. La Ville travaille également à une meilleure allocation de ses surfaces occupées.

Dès 2020, la performance énergétique des bâtiments sera prise en compte dans la planification des différentes activités au sein des équipements publics. Par ailleurs, un critère « multi-usages » sera imposé pour toute conception de nouvel équipement. L’objectif est d’atteindre 10 % des équipements municipaux modulables et multi-usages en 2025.

En savoir +


36 ambassadeurs de l’énergie seront déployés sur le terrain d’ici à 2020 pour agir sur le parc de bâtiments publics. Ils feront le lien entre les gestionnaires d’établissement, les techniciens, les directions gestionnaires et les mairies d’arrondissement en vue de diminuer les consommations énergétiques.

La part d’alimentation durable augmente dans la restauration scolaire. (©Célia Pernot)
La part d’alimentation durable augmente dans la restauration scolaire. (©Célia Pernot)

MISER SUR L’ALIMENTATION DURABLE

Le secteur de l’alimentation représente près de 18 % de l’empreinte carbone de Paris. Le Plan alimentation durable a permis de porter la part d’alimentation durable dans les 1 300 restaurants collectifs municipaux à 38 % en 2016 et d’instaurer une journée végétarienne par semaine dans les restaurants scolaires. Dans cette continuité, la Ville de Paris fixe des objectifs ambitieux à sa restauration collective (crèches, restaurants scolaires, collèges, centres d’hébergement, restaurants du personnel…) : réduction de 50 % de la part carnée des repas d’ici à 2030 et augmentation à 90 % de la part d’alimentation durable (biologique, label rouge et pêche durable) servie dans les restaurants collectifs en 2050. Deux menus végétariens par semaine seront proposés dans les restaurants scolaires et une étude pourra donner lieu à une expérimentation pour des alternatives végétariennes à chaque repas.

Pour aller dans ce sens, la mairie du 11e a lancé une expérimentation afin de privilégier les circuits courts et les produits biologiques. Ainsi, en lien avec Eau de Paris, la Caisse des écoles du 11e a passé un partenariat avec les agriculteurs bio de la vallée de la Vanne (Yonne) pour approvisionner les cantines de l’arrondissement en lentilles bio. Depuis plusieurs années, Eau de Paris encourage le développement de l’agriculture biologique sur ses aires d’alimentation de captage d’eau, en facilitant l’installation d’agriculteurs bio et en accompagnant les agriculteurs déjà installés à se convertir au bio.

ZOOM

Des formations internes

Fort de 1 200 personnes, le réseau Développement durable de la Ville se renforcera de personnes relais organisées autour du référent développement durable de chaque direction pour diffuser les bonnes pratiques dans les services, au plus près des agents. Par ailleurs, une formation aux enjeux du Plan Climat Air Énergie sera intégrée dans le cursus d’accueil des nouveaux agents et un programme de formation sur les thématiques sectorielles du plan sera intégré au catalogue et proposé aux directions opérationnelles.

HARO SUR LES DÉCHETS

En 2015, la Ville a adopté un Plan de lutte contre le gaspillage alimentaire avec un objectif de réduction de 50 % d’ici à 2025. Dans ce cadre, une charte contre le gaspillage alimentaire dans les restaurants de la collectivité parisienne a été mise en place. D’ici à 2020, toutes les Caisses des écoles devront avoir signé cette charte qui formalise l’engagement des gestionnaires pour la mise en œuvre d’actions concrètes (recettes pour accompagner les restes, don des plats non servis à des associations…). Les mesures anti-gaspillage seront ensuite généralisées dans tous les types de restauration collective administrative.

De leur côté, les chantiers de la Ville deviendront en 2020 des chantiers « zéro déchet non valorisé ». L’objectif est de valoriser sous forme de matière les déchets du BTP, comme le prévoit le Plan économie circulaire. Cinq à dix sites pilotes représentatifs de la diversité des modes de construction seront identifiés pour diffuser les bonnes solutions. Par ailleurs, une bourse de réemploi de matériaux (mobilier, grilles d’arbres, pavés, granit…) que différentes directions n’utilisent plus sera initiée entre la Ville et les acteurs privés afin de leur trouver une seconde vie.