Tribunes

CGT // Le statut spécifique
parisien doit être préservé

500 millions d’euros devraient être déboursés par les collectivités territoriales et 1 milliard par l’État pour l’organisation des Jeux olympiques. Combien pour des installations qui ne seront pas destinées à l’usage public quotidien ?

« JO 2024 : Hidalgo-Macron, la concorde olympique » titre Le Monde à propos des JO. Cette « concorde olympique » masque-t-elle également la remise en cause du statut et la casse des services publics ?

AUGMENTATION DU TEMPS DE TRAVAIL : SUPPRESSION DES CONGÉS

Au niveau national le rapport Laurent préconise d’augmenter le temps de travail des fonctionnaires, la municipalité a engagé une vaste offensive contre nos congés :

Dès 2017, lors de l’année du départ en retraite, l’agent devra proratiser ses CA et RTT. L’été dernier, les dates de congés ont été imposées pour certains services. La suppression des jours exceptionnels et du jour de congé supplémentaire pour les mères de famille a entraîné une forte mobilisation le 3 juillet.

Les jours de récupération sont désormais dans le viseur de la municipalité (jours générés au-delà de 39 h/semaine).

Autre menace : la tentation est grande d’aligner sur le privé et de supprimer les 8 jours supplémentaires de congés annuels (CA). Le rapport Laurent préconise (et la loi le définit également) : 25 jours de congés annuels ! À comparer avec les 33 à la Ville de Paris !

Ce sont nos acquis spécifiques parisiens, inscrits dans l’accord ARTT de 2001.

Alors, « concorde olympique » pour dire haro sur nos congés, sur nos droits !

SUPPRESSION DE POSTES

Gérald Darmanin, ministre des Comptes publics, a pour objectif de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires, dont 70 000 postes de territoriaux au cours du mandat du gouvernement Macron-Philippe.

Comment compte-t-il s’y prendre ?

Il annonce un grand forum du service public à l’automne, où employeurs, usagers et organisations syndicales devront s’engager sur la réduction des missions du service public.

Combien d’économies de gestion sont attendues ?

Si 70 000 postes sont supprimés, l’objet du forum sera bien de réduire les missions.

Mais M. Darmanin est confronté à un obstacle : le statut des fonctionnaires. Comment supprimer des missions de services publics, sans pouvoir licencier les fonctionnaires ?

Par exemple, à la Ville de Paris, il existe un corps : celui de technicien de laboratoire, cadre de santé. Si, demain, la municipalité devait privatiser les laboratoires, comment gérer les personnels relevant de ce corps ? Compliqué… Non !

La municipalité, précédant le pas du gouvernement, a prévu de fusionner ce corps avec d’autres, pour créer un « corps fourre-tout ». Ainsi, les techniciens de laboratoires cadres de santé se retrouveraient dans le même corps que les ingénieurs ! Pas les mêmes qualifications, pas les mêmes métiers : pas grave ! L’objectif : supprimer des postes, supprimer des missions de services publics !

Il faut comprendre qu’il s’agit d’une offensive générale visant à créer des corps « fourre-tout », où la polyvalence serait le maître mot.

Aujourd’hui, un agent de maîtrise électrotechnicien ne peut pas suivre des travaux du bâtiment, car dans son statut sont reconnues les spécialités. L’employeur ne peut l’obliger à faire autre chose que ce qui relève de sa spécialité. Demain, avec les réformes en cours et la fusion des corps, on pourra lui demander de tout faire.

Autre exemple, dans les ateliers, la proportion d’ouvrier « entretien » ne cesse d’augmenter. Ils font un peu de tout : peinture, plomberie, menuiserie… Des petits travaux. Finis les couvreurs, les plombiers, les serruriers, les menuisiers, et tout le savoir-faire qui va avec.

Avec le savoir-faire, c’est le statut lui-même qui fout le camp !

Cette offensive se fait dans un cadre : celui de PPCR, accord minoritaire, rejeté par FO, CGT et Solidaires, et signé par la FSU, la CFDT, la CFTC, l’UNSA et la FAFP. Ce protocole prévoit la fusion de nombreux corps.

Plus que jamais, nous exigeons le maintien de tous nos jours de congés, l’arrêt des suppressions de postes, de la polyvalence et l’embauche des contrats aidés !!!

Pas touche à nos statuts !

L’US CGT

Union syndicale CGT des Services publics parisiens

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Courriel : cgt.syndicat@paris.fr
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