Tribunes

CGT // Le drapeau du dialogue social en berne !

2017, Madame Hidalgo remet en cause le droit de grève.

Mais quelle mouche a donc piqué Madame la maire de Paris, en cette fin d’année 2016 ?
Pourquoi remettre en cause, soudainement, quelque chose qui fonctionnait bien et qui n’était pas exigé par le gouvernement ? Sans doute la mise en place du service minimum obligatoire dans les écoles primaires à l’Éducation nationale a rouvert la voie aux vieilles aspirations conservatrices de remise en cause de l’exercice du droit de grève. Ils sont nombreux dans notre pays, à Paris, à ne s’être jamais fait à l’idée que le monde du travail puisse d’abord s’organiser et ensuite se défendre, en utilisant le droit d’arrêter le travail ! En faisant grève.

Madame Hidalgo, emboîtant le pas en cela à Madame El Khomri, rendue célèbre en 2016 pour avoir explosé le Code du travail par l’adoption d’une loi scélérate et par la grâce d’un 49/3 magique, s’arme maintenant pour tenter d’ôter toute velléité défensive à ses salariés à la Ville de Paris.

De note en note, l’administration parisienne, mal à l’aise, se prend les pieds dans le tapis !
S’appuyant sur une jurisprudence du Conseil d’État, l’administration parisienne se croit fondée pour « éviter un usage abusif du droit de grève ou contraire aux nécessités de l’ordre public ». Le mot est lâché, il faudrait garantir « l’ordre public », menacé ?

Le 6 octobre 2016, saisi par les syndicats CGT, FO, SUPAP et SUD, le tribunal administratif de Paris donne tort à la Ville de Paris qui tente d’obliger les personnels à se déclarer grévistes 48 heures à l’avance.

Mais rien n’y fait, c’est donc au nom de cet idéal que le 16 octobre à 15 h 30, une nouvelle réunion est organisée afin d’aborder le sujet avec les syndicats. Il leur est indiqué, à l’issue, que la Ville de Paris ne bougera pas d’une ligne son intention de réformer le droit de grève ! Pour l’occasion, une nouvelle note est donc rédigée à la va-vite, copie conforme de la précédente. La manœuvre est connue, ce n’est hélas pas la première fois que la Ville de Paris n’entendra pas les syndicats.
Mais ce que ne savent pas les représentants syndicaux, c’est qu’au même moment, des notes de service tombent dans les directions donnant l’obligation de se déclarer gréviste 48 heures avant ! Ainsi, « on discute en plaine, pendant qu’on tire en mer » !

Au-delà du fond, que la CGT condamne bien évidemment, la forme utilisée, le traquenard n’est pas digne d’une équipe municipale et de son administration !

Cela démontre encore une fois combien est râpé, usé le dialogue social à la Ville de Paris. Ce n’est pas en multipliant le nombre de réunions, portant sur tous les sujets qu’on renforcera le dialogue social. Bien au contraire, c’est par une véritable écoute, sans réserve sur les points les plus difficiles, que l’on ouvrira les portes de la confiance. Malheureusement, on disperse les lieux d’échanges pour mieux porter les coups. On capitalise les heures en termes de communication, mais pas celles qui auront véritablement permis de sortir ensemble satisfaits d’un travail bien mené !

Il faudra, pourtant, un jour, reconstruire de véritables lieux de rencontres où se dérouleront les véritables échanges, dans la confiance. Nous en sommes très loin, c’est un échec profond du dialogue social.

La CGT n’en restera pas là, elle utilisera tout ce qui peut l’être afin de faire reculer Madame la maire de Paris. Le droit de grève, l’exercice du droit de grève sont intimement liés, l’un protégeant l’autre.

Les conflits du travail ne devraient pas manquer cette année, tant les conditions de vie et de travail se sont dégradées. Il n’est pas inutile de rappeler ici, que la grève n’est que l’arme finale du mécontentement des salariés lorsque le dialogue et la négociation n’ont pas abouti à des solutions d’apaisement entre les parties.

L’administration ferait mieux de s’employer à apaiser et ouvrir les voies des négociations nécessaires sans attendre la montée des mécontentements qui conduisent aux conflits du travail.
Croyez-vous que les salariés fassent grève par passion, qu’ils peuvent se permettre de perdre de l’argent pour faire vivre leurs familles ? Et dire que nous sommes à Paris ! À la Ville de Paris, en 2017 !…

Joël Marion
Secrétaire de l’union syndicale CGT Ville de Paris

Union syndicale CGT des Services publics parisiens

3, rue du Château-d’Eau, 75010 Paris.
Tél. : 01 44 52 77 05.
Fax : 01 44 52 77 29.
Courriel : cgt.syndicat@paris.fr
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