Dossier

Favoriser les pratiques
sportives

Faire que chaque Parisien soit à moins de 5 minutes d’un équipement sportif, créer des parcours sportifs et aménager des aires de baignade… Les services mettent en œuvre différentes actions du plan d’accompagnement pour faire de Paris une ville sportive.

Si Paris possède de nombreux équipements sportifs, une cartographie réalisée par l’Apur (Atelier parisien d’urbanisme) a permis d’identifier 27 zones dans lesquelles il faut plus de 5 minutes à pied pour accéder au plus proche. Dans ces zones carencées, l’idée est de proposer des aménagements permettant de pratiquer une activité physique. Une solution consiste à installer des agrès sportifs ou, dans les endroits disposant de peu de place, à réaliser des marquages au sol. Dans certaines zones, il sera aussi possible de proposer des activités sportives comme de la marche nordique. Différents projets allant dans ce sens relèvent notamment du budget participatif. Ces aménagements permettront progressivement à tous les Parisiens, qu’ils habitent à Paris, y travaillent ou visitent la ville, de pratiquer une activité physique en milieu urbain.

Des parcours sportifs en accès libre

Le plan d’accompagnement insiste sur le rôle de l’espace public et prévoit de faire de l’activité physique dans l’espace urbain un outil de santé publique. Ainsi, différents parcours sportifs vont être aménagés dans Paris. Conformément à la politique de la reconquête de l’espace public, ils sont en lien avec la stratégie piéton, l’accessibilité de la voirie et des espaces publics, les berges de Seine et l’aménagement de sept grandes places. Un parcours sportif est un espace public aménagé pour le bien-être et accessible à tous, permettant une pratique d’exercices physiques dans un cadre adapté, tout en offrant une signalétique qui donne accès à des informations et des services comme des relais wi-fi, des points d’eau potable et des sanitaires…

Trois axes ont été identifiés par l’Apur. D’une part, une liaison entre le bois de Boulogne et le bois de Vincennes qui passe en grande partie par la Seine. Les aménagements des berges de Seine y participent et le raccordement avec les bois se fera souplement. D’autre part, la ceinture verte sur laquelle travaille la direction des Espaces verts et de l’Environnement (DEVE). Enfin, un axe Nord-Est qui se rattachera, à terme, à la Seine-Saint-Denis par les canaux. Ce parcours, long de 5 km, dont le premier tronçon entre les métros Avron et Philippe-Auguste sera inauguré en juin, ira de Nation à Stalingrad. Ce sera le plus long parcours sportif du monde en milieu urbain dense. Il ne proposera pas de gros aménagements mais favorisera la pratique d’une activité physique sur les boulevards.

Une partie des berges rive droite offrira dès le printemps des activités ludiques
et sportives.

Les aménagements s’inséreront dans l’espace public sans gêner les autres pratiques, comme les marchés présents sur l’ensemble du parcours qui se tiennent plusieurs fois par semaine. Un travail sur un parcours santé est mené avec les mairies d’arrondissement (11e et 20e) et les directions concernées (DJS, DEVE et DVD) pour définir les aménagements. Le parcours se composera de séquences, chacune identifiée avec un thème : glisse, danse, boxe, escalade, course, jeux en famille, agrès… Elles seront très variées pour que chacun trouve son compte le long du parcours. Ainsi, des agrès offriront un programme sportif global permettant à celui qui le suit en entier de faire travailler tous ses muscles, avec suffisamment d’installations pour éviter trop d’attente. Par ailleurs, des tracés au sol permettront de concilier les usages urbains comme les marchés où il n’est pas possible d’installer des agrès sur ces emplacements. La direction de la Voirie et des Déplacements (DVD) réalise un important travail pour faciliter les traversées.

Faire du sport sur les berges

Fermée à la circulation depuis l’été 2016, une partie des berges rive droite offrira dès le printemps des activités ludiques et sportives. Un parcours sportif composé de sept agrès est en cours d’aménagement. « Il se compose de cinq agrès sportifs en dur permettant des étirements et des échauffements, de travailler le haut et le bas du corps et de faire du vélo. Courant février, l’installation de deux agrès sportifs au sol complètera ce parcours qui s’inscrira dans une continuité piétonne et cyclable de 7 km le long des berges », précise Pierre Zizine, qui suit le projet pour la DJS.

Deux aires de jeux pour les enfants sont en cours d’aménagement. L’une dans le jardin Federico-Garcia-Lorca, en contrebas de l’Hôtel de Ville, proposera notamment quelques pontons pour rappeler les activités maritimes qui se tenaient à l’époque à cet endroit ainsi qu’un terrain, le « Paris Stadium », en forme de coque de bateau pour des jeux d’équipe. L’autre, installée sur les berges, est un terrain multisport muni d’un sol souple permettant de pratiquer des activités comme du handball. Par ailleurs, deux parcours verticaux ou « via ferrata » avec des points d’escalade seront installés sur les murs de soutènement des anciennes rampes de sortie automobile Châtelet et Lobau.

Ce projet, coordonné par la Mission Berges du Secrétariat général, fait intervenir la section des Grands événements de la DJS pour la mise en place des agrès et des terrains de sport, la DEVE pour la végétalisation et les aires de jeux, la DVD pour les aménagements de voirie comme des abaissements de trottoirs.

Se baigner dans la Seine

Dans le cadre des épreuves de natation des Jeux olympiques et paralympiques, le triathlon et les 10 km de nage en eau libre pourraient se dérouler dans la Seine au niveau du Trocadéro. La maire a souhaité qu’à cette occasion le public puisse se baigner dans la Seine, de façon pérenne et gratuite. Cette mesure d’accompagnement n’en est qu’à son démarrage.

La direction de la Propreté et de l’Eau (DPE) va piloter des groupes de travail associant Paris et les communes limitrophes, ainsi que des opérateurs de traitement des eaux et des entreprises pour élaborer un plan d’actions destiné à améliorer la qualité de l’eau de la Seine. Un bureau d’études a d’ores et déjà chiffré le coût de remise en bon état de l’eau pour permettre la baignade dans la Seine d’ici à 2024. En parallèle, l’Apur a présélectionné neuf sites potentiels à Paris qui seraient propices à la baignade. Le ou les deux lieux définitivement retenus seront connus à la fin de la mandature.

D’ici là, des événements comme un triathlon sur la Seine devraient être organisés. Une première course aquatique a d’ailleurs eu lieu au bassin de la Villette en 2015 et, dès l’été 2017, une baignade estivale surveillée sera proposée à tous les publics sur une zone délimitée et sécurisée. « Nous recevons actuellement les offres des entreprises pour aménager le bassin flottant et les berges avec des locaux, des douches, une infirmerie… Cela servira de test pour ouvrir dans la Seine une baignade au public en sécurité pendant la période estivale, explique Mathias Galerne, référent à la DJS. Les conditions sont toutefois un peu différentes car pour la Seine, c’est Port de Paris qui en est le gestionnaire. » Une autre baignade estivale au lac Daumesnil, artificielle à traitement biologique cette fois, est à l’étude pour une ouverture à l’été 2019.

En savoir plus

La stratégie piéton vise à améliorer la vie des piétons et à promouvoir la marche à Paris. Elle porte sur une cinquantaine de projets d’aménagement et propose de lancer cinq chantiers pour faciliter les continuités piétonnes et de nouveaux partages de la voirie, favoriser la diversité d’usages de la rue, élever les standards de confort des espaces publics, repenser l’orientation des piétons et conforter la culture piétonne de Paris.

 

Rapprocher sport et culture

À l’instar de Pierre de Coubertin qui souhaitait associer l’art aux Jeux, l’idée est de rapprocher les univers et les publics culturels et sportifs à travers différentes manifestations. Les services de la direction des Affaires culturelles (DAC), notamment les conservatoires et les Archives de Paris, mèneront à bien des projets. Pour leur part, les bibliothèques ont conçu un programme pour inviter le jeune public et les familles à organiser des défis, sportifs ou non, et des épreuves.

Dans le cadre d’une œuvre culturelle par équipement sportif, la DAC a travaillé en collaboration avec la DJS pour identifier 20 équipements, un par arrondissement, qui pourront accueillir une œuvre culturelle avant septembre 2017. Plusieurs critères ont permis de déterminer ces équipements : leur nom, leur localisation, les sports qui y sont pratiqués ou leur implantation dans le quartier. « Nous avons choisi des photos qui pouvaient faire écho au lieu et qui avaient une dimension artistique. Ainsi, le Fmac (Fonds municipal d’art contemporain) a sélectionné deux œuvres qui seront installées dans les centres sportifs Micheline-Ostermeyer (18e) et Grange-aux-Belles (10e). Dans les autres équipements, ce seront des reproductions de photos issues des collections Roger-Viollet ou d’œuvres d’art des musées parisiens, indique Grégory Combet, qui suit le projet à la DAC.

Il faut savoir que Micheline Ostermeyer était médaillée olympique et pianiste concertiste de renommée internationale. Le prix Ostermeyer, créé en 2004, récompense chaque année un sportif qui a une double carrière. Il illustre ce que l’on veut montrer, que le sport et la culture ne sont pas séparés. »